Etude pour La Peste à Rome

La Peste à Rome

Peintures d'histoire

En 1869, Delaunay expose au Salon du Palais de l’Industrie La Peste à Rome (Paris, Musée d’Orsay). Il obtient un succès considérable: l’œuvre figure sur la liste Civile de Napoléon III (26 juin 1869), pour une valeur de 5.000 F., avant d’intégrer les collections des artistes vivants, au musée du Luxembourg.

L’œuvre est tirée de la Légende dorée de Jacques de Voragine : « Et alors apparut visiblement un bon ange, qui ordonnait au mauvais ange, armé d’un épieu, de frapper les maisons ; et autant de fois qu’une maison recevait de coups, autant il y avait de morts…».

Comme tous les pensionnaires de la Villa Medicis, Delaunay doit présenter «une esquisse peinte dont le sujet soit tiré de la mythologie ou de l’histoire». Il s'inspire d'un épisode qu’il a sans doute observé à l’église de Saint-Pierre-aux-liens, d’après une fresque attribuée alors à Pollaiolo : La peste à Rome en 1476. Delaunay multiplie les croquis préparatoires (inv. 5351-5409) et les versions (Brest, Musée des Beaux-arts).

Vers une victoire au Salon

La composition change beaucoup entre 1859 et 1869. On reconnaît l’architecture romaine avec l’escalier de l’Aracoeli, la statue de Marc-Aurèle au Capitole, la tour des Milices. Au centre l’ange de la mort ordonne de frapper, autour gisent les cadavres des pestiférés. Dans la version finale, les groupes se font plus concentrés, la perspective est plus claire, les détails plus sobres. L’esquisse est présentée en 1861 à l’Ecole des Beaux-arts de Paris, et est assez mal reçue avant que le tableau ne triomphe huit ans plus tard au Salon.

Etude pour La Peste à Rome
Inv. 5370