Biographie

Jules-Elie Delaunay

La vie de Jules-Elie Delaunay s’illustre par une brillante carrière de peintre. Il quitte Nantes pour Paris et devient l’un des plus célèbres artistes de son temps.

Technicien habile, dessinateur hors pair, coloriste sensible, Delaunay s’impose progressivement dans tous les domaines: portraits, paysages, peinture d’histoire.

Grâce au legs de l’artiste lui-même et celui de ses héritiers (1892-1897), le musée des Beaux-arts de Nantes conserve la collection la plus importante de ses œuvres, dont 2673 dessins et 49 peintures.

Autoportrait
V.1860
Huile sur toile
64,5 x 24,5 cm
Don Chauvelon, 1899
Inv. 923

Fils d’un commerçant cirier Delaunay manifeste très tôt des prédispositions pour le dessin. Son père s’oppose pourtant très vite au talent naturel de son fils, estimant que la peinture ne fait pas vivre.

Delaunay fréquente à l’Externat des enfants nantais, un établissement élitiste où il fait la connaissance du peintre Joachim Sotta, gloire locale.
Sotta juge le talent de Delaunay assez sûr pour lui donner des cours pendant un an.

Pendant son séjour à Paris en 1846, Sotta le présente à Hippolyte Flandrin, célèbre peintre, élève préféré d’Ingres. Celui-ci va le prendre sous son aile et l’aider à progresser.
Le 7 avril 1848, Delaunay s’inscrit à l’Ecole des Beaux-arts de Paris dans sa classe.

Jules-Elie Delaunay obtient tardivement le grand prix de Rome en 1856 ; en Italie, il étudie les antiques, Raphaël et les maîtres du Quattrocento. Il se spécialise dans le portrait et la grande peinture d’histoire.

Dès cette époque, il expose avec succès au Salon à Paris. En 1861, à son retour de Rome, il reçoit de nombreuses commandes décoratives en particulier pour le nouvel Opéra construit par Garnier et le Panthéon où il retrouve son ami Puvis de Chavannes.

Autoportrait en Saint-Luc
Mine de plomb sur papier
30, 7 x 20,3 cm
Legs des héritiers Delaunay, 1897
Inv. 5706

Ami de Gustave Moreau, membre de l’Institut, professeur à l’Ecole des Beaux-arts de Paris, officier de la Légion d’honneur, Delaunay se révèle comme Paul Baudry un artiste officiel.

Il dévoile son talent de portraitiste délicat, mais aussi de peintre d’histoire héritier du classicisme d’Ingres autant que du Seicento italien (les Carrache ou Pierre de Cortone).

Delaunay parcourt avec un égal bonheur tous les chemins artistiques du XIXe siècle. De Nantes à Rome, via Paris, il fréquente les plus illustres artistes de son époque, souvent rencontrés à Rome: Edgar Degas, Henri Chapu, Jean-Jacques Henner, Gustave Bourgerel, Alexandre Falguière, Paul Dubois notamment Gustave Moreau son ami de toujours.

A sa mort, en 1891, Delaunay laisse en héritage un œuvre délicat, exigeant, érudit.

Autoportrait au bonnet
c. 1855
Huile sur toile
35 x 27 cm
Don Bonnat, 1912
Inv.1905

1828

Né à Nantes le 2 juin, Jules-Elie Delaunay, fils d’Elie-Vincent Delaunay et d’Arsène Leroy, paroisse Saint-Nicolas.

1838 1842

Scolarisé à l’Externat des Enfants nantais et manifeste très tôt une prédisposition pour le dessin.

1845

Entre dans l’atelier du peintre Joachim Sotta.
A Paris en 1846, il est présenté à Hippolyte Flandrin.

1851

Mort de son père.

1852

Échec au concours du Prix de Rome.

1853

Deuxième Grand Prix de Rome:
(Jésus chassant les vendeurs du Temple, Nantes, coll. part.).

1854

Echec au concours du Prix de Rome.

1855

Deuxième Grand Prix de Rome:
(César et sa fortune, Nantes, musée des Beaux-arts).

1856

Deuxième Premier Grand Prix de Rome:
(Retour du jeune Tobie, Paris, ENSBA).

1857

Janvier : Arrivée à l'Académie de France Rome.
Été automne : voyage dans le nord de l'Italie (Orvieto, Sienne, Bologne, Venise...).

1858

Envoi réglementaire de Rome : La Leçon de flûte (Nantes, MBA).

1859

Deuxième envoi réglementaire de Rome :

  • La Mort de la nymphe Hespérie (Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek)
  • La Colombe et la fourmi
  • Autoportrait à la calotte noire (Nantes, Musée des Beaux-arts)

1860

Fin décembre Delaunay quitte officiellement l’Académie de France à Rome.

1861

Cinquième envoi réglementaire depuis Rome :

  • Le Serment de Brutus (Tours, Musée des Beaux-arts).
  • La Peste à Rome (esquisse, Brest, Musée municipal).

Septembre : Retour en France.

1862

Voyage à Londres.

1866

Reçoit une commande pour le décor du foyer de l’Opéra de Paris (L’Immortalité; Le Parnasse ; Orphée et Eurydice ; Amphion bâtissant une ville).

1867

Achève les décors de l’église de la Trinité (chapelle de la Vierge) de Paris et le décor de l’Hôtel de la Païva aux Champs-Elysées (Diane de Poitiers présente Philibert Delorme à Henri II). Médaillé de seconde classe puis Chevalier de la Légion d’honneur.

1869

Présente La Peste à Rome au Salon (n°684) à Paris.

1870

Revient à Nantes et fréquente l’abbaye de Blanche-Couronne, propriété du peintre Auguste Toulmouche. Exécute La Mort de Nessus (Salon n°777).
Mort de la mère de l’artiste.

1873

Reçoit la commande des décors de la salle des Assemblées du Conseil d’Etat – douze allégories. Il les achève en 1876.

1874

Achève les décorations de l’Opéra de Paris. Réalise David triomphant (salon n°569 bis).

1876

Exécute Sapho; Ixion précipité aux Enfers; Portrait de Jehan-Lois Tanguy, œuvres conservées au musée des Beaux-arts de Nantes.

1878

Peint le portrait de Jacques Bizet enfant. Nommé Officier de la Légion d’Honneur.

1879

29 novembre : Élu à l’Académie des Beaux-arts de Paris.

1880

Exécute une peinture décorative pour le tombeau de Mgr Fournier dans l’église Saint-Nicolas de Nantes.

1883

Voyage en Suisse Jersey, Normandie.
Enseigne à l’Ecole du soir de l’Ecole des Beaux-arts de Paris.

1884

Travaille au projet de décoration d’un plafond pour le nouvel hôtel de Ville de Paris.
Voyage en Italie.

1887

Réalise le Portrait du Général Mellinet (Nantes, Musée des Beaux-arts).

1888

Reçoit la commande de peintures décoratives pour le plafond de la Grande Chambre de la Cour de Cassation.
Peint le Portrait de M. Mestayer (Nantes, Musée des Beaux-arts).

1889

Devient chef d’atelier à l’Ecole des Beaux-arts de Paris.
Reçoit le Grand Prix à l’Exposition Universelle.

1891

5 septembre : Décès de l’artiste. Gustave Moreau, Louis Viau et Paul Bellay sont ses exécuteurs testamentaires.