Portrait de Mme Marie Toulmouche

À la loupe

Portrait de Madame Marie Toulmouche
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Ce portrait de Madame Marie Toulmouche réalisé en 1884 est composé selon deux plans distincts.
Au premier plan, placée dans un paysage verdoyant, pose Mme Toulmouche.

A l’arrière-plan on remarque l’abbaye de Blanche-Couronne, près de Savenay, foyer artistique animé par le modèle du tableau.

L’abbaye de Blanche-Couronne appartenait à Marie Lecadre, par héritage.
Fille d’un magistrat, Alphonse Lecadre, Marie était d’une grande beauté, qui faisait parler dans les salons nantais.
Elle savait chanter, jouer du piano, récitait des poésies

Les détails sont très précieux : Marie tient une canne à pomme de jade verte.

Ses gants sont en daim brun, son corsage de mousseline laisse filtrer la transparence et deviner une gorge opulente.

Les yeux gris-bleus du visage s’accordent aux rubans de velours et au ciel vaporeux d’une saison d’été.

Dédicacé au modèle en bas à droite, le portrait est l’un des plus sensuels peints par Delaunay.

L’abbaye de Blanche-Couronne fut un haut lieu artistique. Marie Lecadre, réunissait la fine fleur parisienne, notamment durant la guerre de 1870 : Jules-Elie Delaunay bien sûr, mais aussi Gustave Doré, Puvis de Chavanne, Paul Baudry, Henri-Pierre Picou, José-Maria de Hérédia ou George Sand y résidèrent.
Cousine de Claude Monet, elle fit le lien entre Toulmouche, peintre alors connu, et le jeune peintre impressionniste lorsqu’il commença sa carrière au Havre, dans les années 1860. Sa correspondance avec Paul Baudry est souvent drôle et pleine d’entrain.

En témoignant de son amitié pour les Toulmouche, Delaunay exécuta une Allégorie de la peinture en 1877 : on y voyait Auguste et Marie représentés au milieu de leurs amis artistes, près d’une muse figurant la Peinture, dans le décor de Blanche-Couronne.